Les premiers habitants de Nosy Be étaient probablement des commerçants indiens et swahilis du XVème siècle. Des naufragés indiens fondent, quelques siècles plus tard, la colonie de Marodoka. Par la suite, Nosy Be attirera toutes sortes de réfugiés, de négociants et de colons.
En 1839, la reine sakalava Tsiomeko (en lutte contre Radama Ier) s'enfuit à Nosy Be et demande l'aide des Français. Le capitaine Passot envoie un message à l'amiral de Hell à la Réunion et celui-ci signe un traité de protectorat avec la dynastie sakalava. En 1841, les Sakalava cédent à la fois Nosy Be et sa voisine Nosy Komba à la France. A moins de vingt kilomètres de la côte malgache, Nosy Be apparaît bien vite au navigateur qui l'aborde comme l'île où Robinson Crusoé aurait pu vivre son histoire imaginaire. Volcanique et recouverte d'un épais tapis végétal, cette île aux longues plages azur a des allures d'éden.
Surnommée " l'île aux parfums " en raison de ses vastes cultures d'ylang-ylang, de vanille et de poivre, Nosy Be attire depuis quelques années les voyageurs avides de mer chaude et de fonds marins intacts. Mais la nature offre ici bien d'autres atouts qu'il faut aller apprécier en prenant des taxis-brousse ou en louant un scooter. On peut alors découvrir la superbe réserve de Lokobe et ses étonnants lémuriens macaco ou de petits villages de pêcheurs où des charpentiers de marine travaillent encore à l'ancienne. On ne restera donc pas à Hell-Ville, la capitale, non parce que son nom résonne comme une localité de l'enfer mais pour profiter des plages et des montagnes forestières, et surtout pour savourer une petite croisière vers l'archipel des Mitsio, à une demi-journée de bateau. Là, quatorze îles pratiquement inhabitées récompensent sans compter les amateurs de paysages fabuleux. Les roches rougies par le soleil y sont curieusement découpées d'éclats de basalte hauts par endroits de près de cent mètres. Et quand on en aura eu plein les yeux, quand on aura plongé vers le corail de l'océan, il sera temps de bivouaquer à l'écart de tout dans ce paradis inviolé. Marco Polo (vers 1254-vers 1324) : on a rapporté que l'auteur du Livre des merveilles du monde et glorieux fonctionnaire de l'empereur de Chine et a été le premier à mentionner Madagascar, qu'il nommait " Madeigascar ". En fait, aucun Européen n'y a posé le pied avant le XVIeme siècle. Il est très probable que le Vénitien l'a confondue avec la ville de Mogadiscio, en Somalie, bien au nord de Nosy Be, d'autant plus qu'il évoque des éléphants et des lions, inexistants sur la Grande Ile.
La capitale de Nosy Be, Hell-Ville, doit son nom à l'amiral français De Hell, ancien gouverneur de l'île de Bourbon (La Réunion). En 1841, un traité signé par la reine Sakalava Tsiomeko plaça l'île sous protection française après que le capitaine Passot eut ancré son navire de guerre le Colibri devant la ville à la demande de la reine désireuse de soustraire l'île de l'influence anglaise, alors grandissante. C'est Passot qui baptisa la capitale du nom de son commandant en chef.
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