Ce samedi, Marc Ravalomanana, ancien président de Madagascar exilé en Afrique du Sud depuis trois ans, n'a, une nouvelle fois, pas pu mener à bien son projet de retour au pays.

Marc Ravalomanana sur son fauteuil présidentiel avant sa chute
© Présidence Malgache
Marc Ravalomanana voulait rentrer par la grande porte samedi 21 janvier, c'est à dire par l'aéroport d'Ivato à Antananarivo où l'attendaient ses partisans. L'actuel chef de l'état, président de la HAT (haute autorité de transition) ne l'a pas entendu de cette oreille. Invoquant des « risques de troubles certains » provoqués par les partisans, encore nombreux dans la Grande Ile, de l'ancien président déchu, la HAT a « décidé de provisoirement fermer l’aéroport international d’Ivato » tout en indiquant à la compagnie aérienne Air Link qu'elle pouvait faire atterrir son avion « à l’aéroport international de Morondava ».
Marc Ravalomanana, tenu pour responsable de la mort de 31 manifestants devant le palais présidentiel en février 2009 lors de violentes manifestations et heurts entre pro Ravalomanana et pro Rajoelina, est sous le coup d'une condamnation aux travaux forcés à perpétuité. Il aurait vraisemblablement été arrêté dès son arrivée sur le sol malgache, la Haute Autorité ayant renouvelé son avertissement que « les autorités malgaches que ces dernières sont déterminées à exécuter le mandat d’arrêt décerné à l’encontre de (.) Marc Ravalomanana ».
Selon la présidence de la Transition, c'est « de son propre chef » que le commandant de bord du vol Air Link SA 8252 a décidé de retourner sur Johannesburg.
Le retour de l'ancien président fait partie des accords détaillés dans la feuille de route qui a été signée, devant permettre le retour à la normale du fonctionnement des institutions malgaches après une élection présidentielle dont la date n'a toujours pas été arrêtée.
Andry Rajoelina a également fixé ses conditions au retour de Ravalomanana : « les autorités malgaches souhaitent envoyer un avion spécial à Johannesburg pour ramener Monsieur Marc Ravalomanana à Madagascar afin qu’il soit présenté devant la justice malgache». Des démarches ont été entreprises dans ce sens auprès des autorités sud-africaines.
De retour en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana a mis plus de deux heures avant de quitter l'avion, exigeant des garanties du gouvernement sud-africain, selon l'AFP qui rapporte également les propos de Ravalomanana qui accuse « Rajoelina [qui] n'a pas la volonté politique de résoudre la crise à Madagascar. Le monde peut en être témoin! »
Ses partisans ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation aux institutions de transitions mises en place ces derniers mois après la signature par les différents partis de la feuille de route.
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