Madagascar

Madagascar – Chissano demande la reprise des négociations

Par Eric Trannois
Lundi 17 Mai 2010à 09:49:50

Le chef de la médiation internationale dans la crise politique à Madagascar, l'ancien président mozambicain Joaquim Chissano, a exhorté vendredi les candidats rivaux à la présidence de l'île à reprendre les négociations pour sortir de la crise.

Jean Ping, président de la commission de l'Union Africaine et Joaquim Chissano à Addis-Abeba lors des négociations


En annonçant, mercredi dernier, qu'il ne serait pas candidat à la prochaine élection présidentielle, Andry Rajoelina n'a pas pour autant résolu la crise politique qui bloque le pays depuis décembre 2008.

Joaquim Chissano, qui dirige la médiation internationale depuis le début de la crise, estime que « les intérêts individuels sont inacceptables et il faudrait que les leaders malgaches n'oublient pas l'engagement qu'ils ont pris vis-à-vis de la population de Madagascar et de la communauté internationale de poursuivre dans l'unité leur discussion pour ramener le pays à la légalité constitutionnelle ».

Rajoelina a demandé que les anciens présidents du pays, aujourd'hui dans l'opposition, ne soient pas davantage candidats à la présidentielle, rappelant au passage que son prédécesseur, Marc Ravalomanana est toujours sous le coup d'une procédure judiciaire, ce qui lui interdirait de se présenter. Il a d'ailleurs dû s'exiler en Afrique du Sud.

De son côté, le président évincé de Madagascar, refuse la feuille de route établie par Rajoelina, la qualifiant d’« unilatérale ». « La crise politique malgache qui a débuté en décembre 2008 ne se résout pas en une décision unilatérale, ni même en proposant des dates pour les tenues des élections à Madagascar », a affirmé M. Ravalomanana dans une interview téléphonique à la radio privée malgache Fahazavana, diffusée samedi. Il a affirmé avoir contacté les responsables du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et de l’ONU pour évoquer « le caractère unilatéral et donc inacceptable de la feuille de route proposé par Rajoelina ».

Le président déchu a insisté sur la nécessité de respecter l'accord politique signé à Maputo, complété par l’acte additionnel d’Addis Abeba, signés par les quatre principales mouvances politiques menées par Rajoelina, Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy.

Concernant la décision de M. Rajoelina de ne pas se présenter à l'élection présidentielle, M. Ravalomanana a déclaré que « personne ne lui a interdit d'être candidat. Je l'invite à se présenter car je serai candidat aussi et on verra qui sera élu ».


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