Le ministère malgache du tourisme a publié lundi matin son bilan annuel sur la santé du secteur du tourisme pour 2011. Les chiffres sont encourageants, mais restent encore très inférieurs à ceux de 2008, l'année qui a précédé la crise politique.

Les rentrées de devises ne sont pas encore revenues à leur niveau de 2006
Madagascar a accueilli 225.005 touristes en 2011 alors qu'ils n'étaient que 196.052 en 2010 et 162.687 en 2009, l'année de la crise. On est donc encore très loin du record battu en 2008, qui était de 375.010 visiteurs. C'est toujours la France qui est à l'origine du plus gros contingent de visiteurs étrangers avec 58% des touristes recensés aux entrées du pays.
Assez paradoxalement, la courbe des emplois induits par le tourisme n'a pas cessé d'augmenter et la crise n'a pas eu d'impact sur cette progression. En 2001, le tourisme malgache employait 31.207 personnes toutes branches d'activité confondues contre 29.389 l'année précédente.
Il n'en est pas de même avec l'entrée des devises. Si en 2008, leur montant s'élevait à 302,6 milliards d'ariary (108 millions d'euros), il n'est encore que de 160,66 milliards en 2011 (57 millions d'euros).
En 2011, on a recensé 1.693 établissements hôteliers offrant 19.112 chambres dont le taux d'occupation est passée de 46% en 2010 à 49%.
Pour cette année, l'Office National du tourisme malgache (ONTM) prévoit d'atteindre le même nombre de visiteurs qu'en 2008.

L'emploi lié au tourisme évolue de façon continue depuis 2004
Mettre la destination Madagascar dans la cartographie mondiale du tourisme durable, c’est l’un des défis que se sont lancé les nouveaux membres du Conseil d’administration de l’Office national du tourisme de Madagascar (ONTM) dans le cadre de ses actions pour la promotion du secteur tourisme. Selon Eric Koller, président du CA, il s’agit d’une opportunité qui doit être exploitée et que, si Madagascar s’y lance maintenant, il n’est pas trop tard.
Une amélioration de l’image de la destination sur différents points est cependant requise, sans mobiliser d’importants investissements. « Par rapport aux autres pays avancés et industrialisés, la mise en place d’un tourisme durable et responsable n’est pas trop tard pour Madagascar. Nous avons des potentiels à mettre en jeu mais il faut donner une meilleure image à la destination, par exemple, faire en sorte que les feux de brousse s’arrêtent. Cela ne nécessite pas de gros investissements », a indiqué ce responsable, jeudi, au Café de la gare Soarano, lors de la cérémonie de présentation des membres du CA.
L’Office a entamé et projeté la mise en œuvre de différentes actions dont la création d’une commission spéciale « tourisme durable », présidée par Annick Beantanana. Elle aura pour mission de mener la réflexion sur l’harmonisation du développement du tourisme durable et les renforcements de capacité des acteurs du secteur. La prochaine étape sera l’élaboration d’un plan d’actions et de démarche marketing relatif au tourisme responsable qui prendra en considération l’environnement, la culture, la population et autres facteurs.
Du 31 mai au 2 juin, dans le cadre du Salon du tourisme international, qui se tiendra parallèlement à la Foire internationale de Madagascar, seront organisées les assises sur le tourisme durable. Elles verront la présence du directeur exécutif de l’Organisation mondiale du Tourisme durable.
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