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L'histoire de la ville de Diego Suarez et de sa région

L'histoire de Diego Suarez est intimement liée à celle de la colonisation de l'Océan indien par les occidentaux. Les français sont restés à Diego jusqu'en 1975, plusieurs années après l'indépendance.

L'Hôtel Marine ou Hôtel des Mines fut le plus bel hôtel de Diego. Le cyclone Kamisy, en 1984, a encore accentué l'état de délabrement dans lequel il s'enfonce d'année en année...


La partie nord de la grande lie, I'Ankarana - d'où le nom de ses habitants Antakarana (ceux qui vivent dans les rochers) - est connue depuis le Xe siècle, fréquentée par les Arabes venant d'Oman, du Yémen ou de Somalie. Ceux-ci pratiquaient le commerce des esclaves et achetaient de la cire et de l'écaille. Ils s'y installèrent, transmettant leur religion et une partie de leur culture aux Antakarana, d'où la très forte islamisation de la région de Diégo-Suarez.

D'après la tradition orale, le royaume Antakarana dont le premier prince connu est Kozobe, fut fondé par des Sakalava des royaumes du Menabe et du Boina ; ces derniers ayant été poussé à s'exiler vers le Nord à cause d'une guerre intestine.

L'origine du nom de ce port est assez inattendue, et il faut remonter au tout début du XVIème siècle pour en trouver l'explication : une escadre portugaise de treize navires sillonnait l'océan Indien, et l'un d'entre eux partit à la dérive. Son capitaine, Diego Diaz fut donc le premier Européen à découvrir la Grande Ile le 10 août 1500, et baptisa cette nouvelle terre Lorenzo (le saint du jour), d'où son premier nom de Saint-Laurent.

En février 1506, l'Amiral Hernan Suarez reconnaissait les lieux, et la ville acquit ainsi le prénom du capitaine et le nom de l'amiral : DIEGO-SUAREZ, capitale des Antakarana dénommée jusqu'alors Antomboka.

Un siècle plus tard, le Français François Cauche en route pour Sainte-Luce y fit une halte le 26 juin 1638.

Puis le pirate français Misson et un prêtre italien nommé Caracciolo créèrent à la fin du XVII, siècle une république avant-gardiste baptisée "Libertalia", fondée sur un principe d'égalité et ouverte à tous, sans distinction de race ou de nationalité. De cette seule république pirate de Madagascar, il ne reste rien, si ce n'est des écrits de Misson, sauvés d'un naufrage racontant l'histoire de ces deux intellectuels, pirates humanitaires qui abolirent l'esclavage 150 ans avant les états européens.

La communauté mit en place un système de défense contre d'éventuelles attaques navales anglaises ou françaises. Mais ce furent les autochtones qui attaquèrent et détruisirent la cité par l'intérieur des terres.

Dès 1885, la ville de Diégo-Suarez passa sous le contrôle de la France et prit alors de l'importance grâce à la Marine Française, qui installa un arsenal et plusieurs casernes.

La Légion Etrangère quitta la ville en 1975, mettant un terme à une présence française de près d'un siècle.

Cette rade extraordinaire offrait un repaire naturel et protégé dont le contrôle aisé n'avait pas échappé aux nombreux pirates, commerçants et négriers qui s'y succédèrent au fil des siècles mais également à la France. Après l'installation de la marine Française, la croissance s'ensuivit.

En 1899, le Maréchal Joffre s'nstalla à Diégo-Suarez, où une place qui domine le port porte son nom. il créa de nombreuses fortifications pour défendre la rade à Orangea, à Andrakaka, à Cap Diégo et à Windsor Castle, en particulier. Le port de commerce se développa et surtout l'Arsenal.

En 1942, alors que l'administration coloniale de Madagascar était contrôlée par les Pétainistes au terme de violents combats lors de l'opération Ironclad, la Royal Navy et les Forces Françaises Libres prirent possession de la base navale, ouvrant la voie au contrôle de tout le territoire malgache.

Jusqu'en 1973, Diégo-Suarez servit de port à la flotte française de l'Océan Indien. Les accords militaires devenus caducs, le port a été transformé en un chantier de constructions et de réparations navales, l'un des plus importants de l'Océan Indien.

C'est sans doute la ville malgache la plus familière à l'esprit des français, puisque nombreux sont ceux qui eurent un parent ou un ami incorporé dans la marine nationale, qui, à l'occasion, fit escale dans ce port du Nord de Madagascar et n'aura jamais manqué d'en parler avec ferveur et nostalgie.

Diégo-Suarez porte aussi depuis, le nom d'Antsiranana, qui veut dire "Le Port".




 
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