Les maisons en pierre furent essentiellement construites par les colons, souvent venus de La Réunion et qui amenèrent avec eux le plan et la structuredes maisons créoles. Les commerçants indiens, eux, bâtirent d'élégants «palais» à colonnades que l'on peut encore admirer. Ce circuit, dans les rues de Diego, vous fera découvrir l'architecture créole caractéristique de l'ancienne ville. Nombreuses sont les cases intéressantes à divers titres. La case créole en bois, repose le plus souvent sur un soubassement en pierre, permettant de l'isoler du sol et de créer une aération. Le plan typique est simple : une double rangée de pièces communicant entre elles, ce sont les chambres à coucher, le salon et la salle à manger. Le plus souvent, cuisine et salle d'eau sont de petites constructions séparées, situées à l'arrière du bâtiment principal ou alors implantées sous la véranda (varangue). La varangue isole le corps du bâtiment en le préservant du soleil et de la pluie. C'est également une pièce a pari entière où l'on reçoit et prend le frais. L'architecture créole c'est la symétrie, l'axialité et un charme fou. Le Nouvel Hôtel Cette célèbre boite de nuit mérite un arrêt autre que nocturne. L'entrée principale surplombée par une lucarne en arc de cercle, les fenêtres à petits carreaux encadrées de colonnettes, les corniches soutenues par de petites consoles en forme de volutes et balustres en font une belle maison créole. Plusieurs maisons du même style sont visibles, .notamment rue Colbert. Rue de la Marne Cette rue a été un temps l'axe principal nord-sud de Diego, elle fut détrônée par la rue Colbert ouverte par le gouverneur Froger en 1890. On y trouve de nombreuses cases créoles en bois (2) ou maçonnerie, qui malgré leur délabrement ont gardé leur cachet. Nous n'allons pas décrire tous les détails architecturaux ; de plus l'absence de numéros des maisons ne rend pas la tâche aisée. Prenez simplement le temps d'ouvrir l'oeil . A noter au numéro 25 un portail en fer forgé «art déco». Un peu plus loin sur la gauche un superbe cycas, sans doute aussi vieux que la ville, orne un jardin.
La cathédrale Cet édifice en pierres est peu intéressant pour son architecture, toutefois, la porte d'entrée est pourvue de magnifiques ferrures ciselées. Le clocher, portant quatre horloges, culmine à 30 mètres et sonne les heures, comme il se doit. Les carreaux du dallage sont un don du célèbre Alphonse Mortages. Les travaux de construction furent supervisés par Monseigneur Corbet, premier évêque de Diego-Suarez, mais l'aspect actuel est la seconde architecture, la première cathédrale ayant été détruite par le cyclone du 14 novembre 1912. Le Lycée Français. Ancienne école européenne Sadi Carnot, il est plus couramment appelé «Lycée Français» depuis que la malgachisation de l'enseignement, en 1972, a entraîné la séparation de l'enseignement français et de l'enseignement malgache. . Il ne reste que deux bâtiments d'origine, le bâtiment central à étage au bout de l'allée et celui qui se tient à gauche en regardant de face. Rue lmhaus Cette rue doit son nom à Emile Imhaus, descendant d'une famille rhénane installée à la Réunion en 1841. Emile se fixa à Diego-Suarez et s'associa en 1902, à Pivert et Dubois fondateur d'une briqueterie. Il se maria avec une fille de François de Mahy, célèbre député de La Réunion (une rue porte son nom à Diego). Emile et ses quatre fils moururent au cours de la première guerre mondiale. La rue Imhaus est une de celles qui possèdent les plus belles maisons. On peut y admirer de beaux portails aux piliers ornés de volutes et rosaces. A gauche, en sortant du Lycée, une maison dont l'entrée est abritée par un auvent reposant sur quatre colonnes disposées en carré. La varangue est soutenue par des pilierscannelés du même type. Sur la droite une maison de plein pied dont la couverture est en tuiles de Marseille. On retrouve ce même type de toit dans le quartier militaire. En face une très belle case à étage de style colonial/créole traditionnellement organisée autour d'une varangue à colonnes soutenant une grande terrasse abritée. A noter les lambrequins en bois et les balustres composant le gardecorps. La rue Imhaus possède deux maisons neuves de type créole.
Rue Villebois Mareuil A droite en contrebas, une case créole en bois, dont le sol est composé de carreaux de ciment à damier noir et blanc, très courants dans l'architecture créole. Une rosace au soi marque de la varangue. Sur la gauche, une très belle case dont la varangue est fermée par des persiennes. L'escalier évasé permet d'accéder à l'entrée. On retrouve classiquement balustres et lambrequins. Au bout de la rue Villebois Mareuil, remonter sur quelques mètres la rue de la Marne pour découvrir une maison datée de 1906. A noter, un mascaron en forme de visage de femme sous le balconnet. Les corniches, rosaces, fronteaux, cadres de fenêtres et même le fer forgé ont du caractère. Redescendre la rue de la Marne qui s'appelle maintenant boulevard de la Liberté (après avoir momentanément été dénommée rue du maréchal Pétain : hasards de l'histoire et de la politique). Boulevard de la liberté Un ravin en partie comblé est toujours visible sur la gauche. Au début du siècle, un pont, portant le nom du premier gouverneur de Diego, Froger, enjambait ce ravin au niveau de la rue Colbert. En surplomb de ce ravin, on peut voir l'arrière du magasin SIDEF d'architecture indo/créole avec le plus bel escalier extérieur de Diego et un peu plus loin sur la droite, une maison aux pierres apparentes sur la façade Sud. Rue Guynemer-Le Cercle Chinois S'il a longtemps été dit que l'arrivée de contingents de travailleurs chinois engagés pour construire les lignes de chemin de fer de la Grande Ile était à l'origine de la communauté chinoise de Madagascar, il semble que ce soit plutôt des individus venus librement tenter leur chance dans ce nouvel Eldorado de l'Océan Indien qui constituent le premier noyau d'immigrés chinois. Au début du siècle, les archives coloniales indiquent la présence à Diego Suarez de ressortissants chinois venus pour pêcher le trépang. La grande vague migratoire se situe bien plus tard lorsque la Chine est envahie par les troupes japonaises ; grâce aux réseaux communautaires de nombreux réfugiés débarquent à Madagascar. Pourtant cet élan va être stoppé net par la Deuxième Guerre mondiale puis par des mesures de restrictions concernant l'immigration asiatique dans la Colonie. Pour les Chinois, surtout d'origine cantonaise, déjà installés à Madagascar et qui se retrouvent coupés de la mère patrie, cela marque le début d'un processus de métissage tant sur le plan physique que sur le plan culturel. Ainsi la plupart se convertissent- ils au catholicisme tout en continuant à vénérer leurs ancêtres (un peu à la manière malgache). Mais c'est avant tout sur le plan économique que les descendants d'immigrants chinois se remarquent notamment dans la région de Sambava où ils contrôlent une grande partie du marché de la vanille et à Diego Suarez où quelques familles se sont spécialisées dans le commerce de l'alimentaire et des spiritueux. La rue Guynemer débouche sur le Cercle Chinois et offre un joli point de vue sur l'anse Melville. Dans cet îlot de verdure, les dockers yéménites effectuaient des cultures maraîchères, c'était le jardin arabe. A l'angle de la place Kabaryet de la rue Garros, remarquer une petite maison de style créole, caractérisée par sa varangue fermée par des persiennes de bois. Dans la diagonale, un magnifique trompe l'oeil (exécuté dans le cadre de l'opération Fresques dans la ville») a redonné tout son charme créole à la petite case abritant le cabinet d'études SCP Bi-plan. Rue Flacourt La rue Flacourt fut l'artère principale pendant de longues années ainsi que l'attestent de nombreuses cartes postales anciennes. A l'angle de la rue Colbert, une maison haute, à colonnes et lambrequins en fonte. Sur la diagonale, la banque B.M.0.I. Aujourd'hui ce bâtiment n'a rien d'extraordinaire car il a subi de nombreuses modifications (12) mais ce fut une des premières maisons en dur (terminée en 1902) de la ville : elle abritait alors le premier établissement bancaire : le Comptoir National d'Escompte de Paris. Sur le même trottoir, en face du Trésor public, un immeuble dont les terrasses son, soutenues par des colonnes en fonte, posées sur piédestal : très ornés, les chapiteaux arborent arabesques, volutes et feuilles d'acanthes. Boulevard Bazeilles Un magasin de souvenirs est installé dans l'ancien mess des officiers. A droite la maison Stéfani, du nom de son ancienne propriétaire a été joliment rénovée en 1999. Particularité : les poteaux soutenant la terrasse sont en briques. L'escalier est évasé. La case suivante, en bois, très détériorée, donne cependant une bonne idée de l'architecture en bois du début du siècle. Sur la gauche, dans une percée, un escalier descend à la mer. Il existait plusieurs escaliers menant de la ville basse à la ville haute. Avenue de France A l'angle avec le boulevard Etienne, on peut admirer une grande maison créole. Les cintres en anse de panier sont posés sur des colonnes donnant accès à la varangue. L'entrée est surplombée par un balcon dont les balustres sont rondes, alors qu'elles sont le plus souvent de section carrée. Cette grande case abritait le Crédit Foncier de Madagascar, avant son transfert dans les locaux actuels de la BNI-CL, puis plus récemment la Maison des Sports. Aujourd'hui elle est à usage locatif. Mosquée Lieu de prière des Khodja shia ithna ashery, une des trois branches musulmane shiite présente à Madagascar. Cette communauté commerçante, d'origine indienne, plus fortement représentée à Majunga et Tananarive compte actuellement une cinquantaine de personnes sur Diego. Ici les hommes ne portent pas la barbe et les femmes ne sont pas voilées. Interrogés sur cette particularité, les Khodjas l'expliquent par leur ouverture d'esprit et leur petit nombre. La mosquée. est composée d'un logement pour le prêtre qui s'occupe de la madressa (école coranique) et qui dirige les prières, d'un masjid (salle de prière) en dur depuis les années 60 et d'une imambara (salle de réunion). La majeure partie des bâtiments est un don de la famille Cassam Chenai. Rue ColbertQuelques belles maisons à étage témoignent de la splendeur passée, balustres, pignons, colonnades. La rue Colbert est devenue l'artère principale de la nouvelle ville. C'est là que sont regroupés les principaux hôtels et restaurants occidentaux de Diego.
(Extrait du très intéressant dépliant édité par l'Association AMBRE) Association AMBRE : Immeuble SOCCRA 25, rue François-de-Mahy Antsiranana Tél. (261) 82 235 83 |